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Ia Orana

Politita est en cours de restructuration. Fausse modestie mise à part, le petit succès du site nous pousse à migrer vers des outils plus efficaces. Nous envisageons plusieurs améliorations et vous serez très certainement sollicités pour certaines d'entres elles. Merci de contribuer à notre évolution.

L'équipe Politita

La dynamique du paradoxe

Les sénatoriales de septembre apporteront dans leur sagesse les prémices d’une nouvelle guerre. On sent les tensions vives dans certains partis politiques. To Tatou Aia figure en bonne place.

L’instabilité chronique du pays s’est construite sur une dynamique du paradoxe : les partis politiques ont tendance à se fragiliser en période électorale alors que c’est le moment où ils doivent être plus que jamais soudés.

J’explique.

A chaque élection, des mandats sont en jeu. Ces mandats sont par nature politiquement importants, mais représentent aussi un pouvoir non négligeable sur la politique locale. Une voix à l’Assemblée, on le sait tous désormais, c’est énorme. La passion politique prend souvent le dessus de la raison et mène souvent un même camp à se déclarer la guerre. Constatez avec quelle ardeur Emile Vernaudon veut faire démissionner ses propres ministres Ai’a Api.

Il n’y a donc pas d’amis en politique. Ni d’ennemis. Mais seulement du pouvoir et de la passion. Accepter le pouvoir, c’est renoncer à ses passions. Vivre de ses passions, c’est s’adapter au pouvoir. Il y a donc au-delà des guerres interpartis, un cannibalisme rampant qui est sans doute la source de notre instabilité politique.

À chaque recomposition d’un groupe politique élu (changement de groupe de la part d’un élu, démission), c’est le suffrage qui s’y perd. Chaque canton vote pour des hommes et non pour des programmes. Lorsqu’un élu quitte un groupe, il emporte avec lui ses voix, et fragilise donc l’identité électorale de son parti. C’est pour cette raison que toutes les élections apportent des résultats différents : La recomposition perpétuelle des groupes politiques dénature les voix de chaque parti, et conduit sans détour à un changement de leur représentation à l’assemblée. Cela explique pourquoi le Tahoeraa peut passer de 30 voix à 18.

C’est ce turnover qui participe à consolider une majorité à effectif variable, et qui empêche toute avancée. Des pistes multiples ont été avancées sur Politita…(une clause d’intégrité notamment).


28 August 2008 | Noindep |  4 commentaires | Imprimer cet article Imprimer cet article

Ailleurs

J’ai toujours le sourire lorsque la presse consacre deux pleines pages à la jeunesse étudiante, et qu’aux côtés de nos majors universitaires, se dresse un pôle d’entreprises attentif, et résolument fier de sa jeunesse.

Car au-delà de ces quelques perles rares qui recevront 250 000 FCFP, une grande partie de notre ressource est ailleurs. Expatriée aux quatre coins du globe, elle regorge d’ingénieurs, de cadres, de commerciaux, de futurs chefs d’entreprises….mais aussi de parcours riches de diversité que l’on peut raconter dans toutes les langues. Ce sont nos étudiants polynésiens partis déguster la saveur des tropiques économiques qui sauront nous sortir de ce régime immobile.

Même si la comparaison est impossible avec d’autres pays, la Polynésie n’est pas prête à les accueillir. D’une part, elle ne sait pas valoriser ses atouts (salaire élevé, imposition faible, paysage radieux), et d’autre part l’artifice avec lequel on construit la vie économique déplaît à beaucoup : maîtrise idéologique du SMIG, taux de chômage vif, isolationnisme géographique, domination du politique… C’est “cette paresse de l’instant” qui conquière les peurs, et ravive avec intérêt ce refus de collaborer.

Revenir en Polynésie, c’est collaborer à ce chantage de la surenchère que les politiques nous obligent à suivre. Encore aujourd’hui, notre Mimile national renchérit et fait les gros titres des Nouvelles. C’est cela la vie quotidienne en Polynésie : Ragots, chantages, magouilles. Le tiercé perdant sur lequel aucun étudiant parierait.

Je souffle une petite suggestion à la presse. Pour votre prochain dossier, vous pourriez essayer d’interviewer quelques étudiants expatriés et leur demander pourquoi ils ne veulent pas rentrer ? ça changera un peu de la pagaille habituelle.

A bon entendeur.


26 August 2008 | Noindep |  2 commentaires | Imprimer cet article Imprimer cet article

Spéculation sociale

La récession est à nos chevets. Elle tamise avec éloquence une économie massacrée par un gouvernement malveillant, et des entreprises immobilisées par l’avarie de la demande. Derrière cet “effet d’ambiance”, la vitrine polynésienne veut briller de ses paysages. Nul doute qu’ils seront de moins en moins à s’arrêter devant la vitrine des tropiques polynésiens si l’inflation continue de défiler avec une telle insolence. Avec 4,3% d’inflation, (un record depuis presque dix ans), c’est tout le mécanisme de la croissance qui s’enraye. Une pente vertigineuse pour un pouvoir d’achat affaibli par les avalanches mondialistes et handicapé par une croissance aride.

Voici les trois solutions pour enrayer la hausse de l’inflation.

- La première est une relance de la consommation par une baisse des impôts et des taxes, celle si chère à la droite RPR. La baisse symbolique et inutile de la TVA d’1 point, sensée calmé la fiesta inflationniste est un coup d’épée dans l’eau.. Comme dirait l’autre « ça en touche une sans faire bouger l’autre ».
Cette volonté de préserver la stabilité psychologique du consommateur est salutaire, même si l’impact réel est nul (c’est un impôt indirect – le consommateur ne le ressent pas). Pis, cette baisse va dégrader les comptes publics, et conduire à l’augmentation future des impôts. Surtout lorsque l’on sait que la TVA est la première rentrée fiscale du pays.

- La seconde est une relance de l’offre publique. On pourra ainsi raviver les investissements, et redonner un second souffle à l’emploi. C’est tout l’intérêt de ce collectif budgétaire, totalement dédié au re-financement des entreprises publiques. Une nouvelle ère de grands chantiers saura donner une visibilité sur l’avenir, et regagner la confiance des investisseurs. C’est la conjugaison d’une visibilité limitée, et d’une offre publique démotivée qui déstructurent l’investissement global. La défiscalisation malgré son dynamisme, ne saura pas à elle toute seule stabiliser la barque.
Il convient également de noter la mauvaise santé financière des SEM, et leur impossibilité à matérialiser un projet de relance.

- La troisième solution (qui est à mon avis la bonne) est un contrôle du SMIG. Il est devenu le gage identitaire d’une société obsédée par son niveau de vie. Cette croyance religieuse dans le SMIG est à la fois dangereuse pour les bas salaires, et cataclysmique pour nos entreprises. Que les apôtres de cet évangile arrêtent de vanter le SMIG comme le reflet d’une société abondante. A l’heure d’aujourd’hui, son augmentation rend le coût du travail plus cher et nourrie une inflation vive et construite. Arrêtons donc de l’augmenter sans arrêt. Presque 40% d’augmentation depuis 4 ans.

C’est cette spéculation sociale qui fait la fortune électorale des politiques, et la faillite de nos entreprises.

Il ne suffit pas de se battre à coup de boîtes de conserves, ou d’essayer de deviner les marges des distributeurs pour résorber cette crise. En leurs temps, les politiques auraient dû chacun se battre pour garantir une concurrence accrue sur chaque marché, et empêcher le développement de tout monopole. Ils ont l’air fin aujourd’hui lorsqu’ils nous parlent de concurrence, alors que l’EDT, l’OPT, et les hydrocarbures restent des vaches à laits importantes pour le territoire. Et qui plus est ces entreprises pèsent lourd dans le budget des ménages.

Alors de qui se moque t-on vraiment ?


21 August 2008 | Noindep |  9 commentaires | Imprimer cet article Imprimer cet article

Communiqué

Suite à un problème technique, la rédaction de Politita n’a pas pu publier ses articles.

Nous nous excusons de ce retard.

La Rédaction


18 August 2008 | Noindep |  1 commentaire | Imprimer cet article Imprimer cet article

Diviser pour mieux régner

La naissance d’un nouveau parti politique est toujours une vertu de la démocratie. La pluridisciplinarité de l’expression politique permet de rassembler plus largement la diversité du suffrage. Nous ne pouvons que souhaiter à « Rohi » bonne chance.

RO-nald et HI-ro, puisque c’est de cela qu’il s’agit, se jette avec courage -c’est le cas de le dire- dans un marigot infesté. Ils ont sans doute l’espoir de construire de nouveaux repères et d’être porteurs de nouveaux espoirs. Rien n’existe, tout est à construire.

Aussi convaincus soient-ils, ils n’ont pour le moment aucune emprise identitaire. On ne connaît pas leur positionnement politique, et encore moins les motifs de cette création ex-nihilo.
Ils veulent être des transitaires de voix, et des mandataires souterrains de To Tatou Ai’a pour les sénatoriales de septembre. Le but ultime est de diviser l’électorat de l’UDSP pour mieux régner sur ses voix. Vraiment ?

N’étant pas un fervent partisan de cette démocratie mutli-partis, que les spécialistes qualifient de « démocratie d’opinion » celle où on peut parler de tout à n’importe quelle moment, je pense que Hiro et Ronald font fausse route.
Cette démocratie entaillée de petits partis partitionne le suffrage en miettes, et récompense les grands groupes politiques structurés à l’électorat fidèle et conquis. C’est pour cette raison que l’UDSP n’ameute pas les foules. Plus de partis consolide leurs acquis. Car en période de morosité économique, et de climat social défavorable, l’électorat a tendance à revenir à ses propres fondamentaux, et à repousser tout changement. L’electorat de l’UDSP ne risque donc pas, et c’est mon avis, de vaciller pour l’adversaire.

Une fausse-couche n’est donc pas impossible pour le parti ROHI. Nos deux compères devraient consulter Nicole Bouteau, experte de l’opportunisme en politique.
Créer un parti pour médiatiser des discidences intra-partis n’est à mon avis pas le meilleur moyen de convaincre son électorat. C’est au contraire la meilleur tribune pour le fragiliser.


18 August 2008 | Noindep |  2 commentaires | Imprimer cet article Imprimer cet article

Malaise identitaire

L’annonce de Richard Tuheiava comme candidat UPLD aux sénatoriales martèle avec insistance ce besoin de rajeunir. Adossé à une Polynésie qui se délite, Oscar Temaru joue sa dernière carte. Pas celle de son parti, la sienne en son nom propre. Ses compères n’apprécient guère cet autoritarisme incompris, ni cette discrétion décalée. Prendre son mandat de maire comme un leitmotiv irrite les esprits susceptibles.

Oscar Temaru a forgé son caractère sur une autorité charismatique.
Chacun des siens lui reconnaît cet emblème paternaliste, sa gouvernance éclairée du Tavini, son combat de l’insistance. Il était un chef de troupe, un père spirituel, l’opposant éternel. En 30 ans il n’a jamais divisé son parti, il l’a construit. C’est sans doute sa récente réconciliation avec Gaston Flosse qui a fragilisé la stature de l’homme, en proie à subir un suffrage exigeant et foncièrement divisé.

L’accalmie proposée par les deux leader n’est pas une cause acquise. Les troupes du Tavini n’ont à mon avis pas enterré la hache de guerre. Ils sont toujours contre l’autonomie et contre les hommes qui l’ont créé. Bien qu’Oscar Temaru soit mandataire de ce processus de paix, le noyau dure du bastion ne s’y reconnaît pas. Cette réconciliation a fait naître un malaise identitaire, qui pourrait faire perdre à Oscar Temaru son rang de chef. La montée en force de poulains énergiques en mal de reconnaissance pourrait rompre son autorité. Gaston Flosse en sait quelque chose.

Sommes-nous donc à l’aune d’une division interne du Tavini à l’instar des autonomistes ? Allons-nous connaître des variantes ? Oscar Temaru et Gaston Flosse devront-ils faire face à une guerre des générations ?


4 August 2008 | Noindep |  10 commentaires | Imprimer cet article Imprimer cet article

Oscar Temaru non-candidat

C’est officiel et contraire aux bruits de couloirs (fantasmes ?) colportés ces dernières semaines: Oscar Temaru ne sera pas candidat aux sénatoriales.

Les raisons évoquées sont acceptables même si la nécessité de sang neuf pour un poste de sénateur peut faire sourire. On comprend nettement mieux son attachement à ses deux mandats actuels.

Pourquoi Oscar Temaru aurait-il du être candidat ?

Il le dit lui même:

Nous avons besoin de sang neuf en Polynésie.

Or, vous en conviendrez, ce n’est pas le poste de sénateur qui symbolise le renouveau, le sang neuf, le changement. Pour être cohérent avec lui même, laisser la mairie de Faa’a ou le perchoir de l’Assemblée aurait été un acte fort, porteur de réels espoirs.

De plus, on peut ne pas aimer l’homme mais l’expérience est indéniable. Il aurait été “à sa place” parmi les sénateurs, un début de retraite bien méritée en somme. Mais voyez-vous Gaston Flosse se contenter d’un “simple poste” de sénateur ? Alors, pourquoi Oscar Temaru l’aurait fait ?

Pourquoi Oscar Temaru n’est-il pas candidat ?

Problème de santé ou problème d’ego ? Refus de sortir de l’Assemblée ou refus d’entrer au Sénat ? Peur d’être oublié ou peur d’être perçu comme sur le déclin ? Seul OT pourrait nous répondre mais l’on constate une fois de plus que ni le Tahoeraa, ni l’UPLD ne seront des “sources de renouveau” tant que leur leader historique refuseront d’accepter qu’ils ont dépassé l’âge de la retraite depuis belle lurette.


1 August 2008 | Peter |  1 commentaire | Imprimer cet article Imprimer cet article

Je m’interroge naïvement

Mes interrogations :
- Pourquoi ce collectif n’est pas approuvé alors que l’on sait tous que s’il n’est pas voté, beaucoup de Société d’Economie Mixte vont faire faillite, dont Air Tahiti Nui.
- Pourquoi Air Tahiti Nui continue de maintenir sa flotte d’avions à 5 appareils, alors que l’on sait tous que les avions ne sont jamais remplies (vous avez au moins voyager une fois dans un appareil à moitié rempli), et qu’un des appareils (le Bora Bora pour pas le citer) est toujours en location ?
- Pourquoi sont-ils 900 employés pour seulement 5 avions ? (dont 500 PNC)

Ma pensée : Air Tahiti Nui a été une belle idée. Cependant la folie des grandeurs (5 avions en 5 ans) combinée à notre fierté parfois mal placée (Desservir New York et Sydney) nous conduisent aujourd’hui à financer des dettes abyssales (33 millions d’euros). La compagnie emploie beaucoup trop de monde. Les 500 hôtesses et stewarts sont beaucoup trop nombreux (100 PNC/avion). Nous sommes en train de vivre le “Syndrome GIP” (beaucoup d’effectif, peu de transparence). J’espère qu’elle n’aura pas le même destin.

Mes propositions
: je propose que si les conditions de location nous permettent, de rendre le Bora Bora. Cela va sans doute supprimer 4 lignes par semaine, et cela nous permettra de “faire respirer la dette”. Le nombre de sièges offerts est supérieur à la demande. C’est aussi simple.
Je propose aussi de suspendre dans les plus brefs délais la ligne sur New York, déficitaire de tout bord, et de ne pas ouvrir de nouvelles destinations tant que des code-share vers Paris (avec Air France, ou des compagnies américaines) ne seront pas conclus.
Une réduction des effectifs s’impose ! Air Tahiti Nui doit geler ses recrutements pour 2008. Elle aurait dû déjà le faire depuis 2005 (date d’acquisition du dernier appareil).Elle devrait même procéder à des licenciements. Air Tahiti Nui doit être gérer comme une société privée si nous voulons atteindre l’équilibre.
Et enfin, rétablir un partenariat solide avec Air France serait sans doute une belle piste et intégrer une alliance comme Skyteam. Mettons de côté notre fierté…

A vous de jouer M. Vernaudon.

Sur le même sujet : Air Tahiti Nui, chronique d'une faillite annoncée


31 July 2008 | Noindep |  3 commentaires | Imprimer cet article Imprimer cet article

L’important est de faire parler de soi

Dure est la vie des “politiques” en Polynésie, encore plus pour les non-élus. Dans notre microcosme où l’on donne souvent la raison à celui qui parle le plus fort (ou qui a le poste le plus important, au choix), ne pas siéger à l’APF est un handicap non négligeable (j’aime les euphémismes).

Je pense que nombre d’entre vous consultent régulièrement le site de TahitiPresse, et vous avez donc certainement lu le quasi-communiqué de presse du parti de Nicole Bouteau…

Je suis … mitigé.

On peut lire, en fin d’article:

L’Etat et le Pays doivent donner l’impulsion et bâtir des relations apaisées (…) Pour cela, nous devons sortir des querelles idéologiques et des opportunismes politiques. Pour cela, nous devons avoir la double exigence d’un Pays enfin responsable et d’un Etat impartial”, conclut Nicole Bouteau.

Je suis mitigé, car, certes, on ne peut contredire des paroles aussi sensées, mais bon, comment leur donner du sens. Si être “leader politique” s’apparente à cela, je déclare haut et fort que:

La Polynésie ne pourra sortir de son carcan affairiste et de la gangrène populiste qui la ronge que lorsque les egos de ses personnalités politiques aura regagner le niveau de la mer (et toc!).

Je sais, je sais, c’est mesquin de taper sur NOETN alors qu’ils ne sont pas actuellement en position de force, mais que diable!!! On souffre de verbosité aiguë au Fenua, ce n’est pas la peine d’en rajouter. Je comprend qu’on craigne de ne plus se voir sur le site de l’ATP, qu’on s’inquiète de voir les adversaires clamer haut et fort moultes idioties paroles plus ou moins intelligentes, mais quand on prétend incarner le changement, on ne fait pas comme les vieux.

Comment qu’on fait alors ? Bonne question.


29 July 2008 | Peter |  6 commentaires | Imprimer cet article Imprimer cet article

Guérir nos pensées

A un jour de la visite du “dernier” secrétaire d’état à l’outre-mer, la Polynésie retient son souffle. Cette visite tardive semble avoir bénéficier d’une réflexion mature pour ne pas dire très longue, faisant oublier au passage le report constant de celle du président de la République, sensiblement désintéressé de nos problèmes bénins. Ce dernier aurait pu en marge du sommet du G8 au Japon se rendre en Polynésie. La considération parle d’elle-même…

Yves Jégo est en mission de reconnaissance pour l’Elysée. À l’heure de la “tarification des avantages acquis”, l’équipe de nettoyeurs de Bercy liste les ogres de la République. Et le président Sarkozy semble lui-même être en phase avec ce genre de propos. Le contrat de Projets l’a sans doute pris de court, Gaston Tong Sang, en bon président solidaire, désolidarise de son propre gré, la nation de sa collectivité. Et tout le monde s’étonne de la sympathie de N. Sarkozy à l’égard de Gaston Tong Sang ? Que le bon dieu m’entende !

L’ignorance des foules est tout l’enjeu des grèves qui se profilent. La venue “extraordinaire” de Yves Jégo tombe à Pic : le pétrole flambe, le coût de la vie s’emporte, et les salariés s’énervent. Oui mais à qui la faute ? Le mal de la conjoncture n’est sans doute pas à cause de la France. Encore moins celle de son secrétaire d’Etat. Militer pour le pouvoir d’achat n’est que la perversion d’une revendication sociale en une revendication politique. Faire du séjour d’Yves Jégo le pire qu’il est connu traverse et travesti l’esprit des syndicats. Ils oublient sans doute que ce n’est pas en ayant un comportement “d’adolescent attardé” que l’on sauve la Polynésie de son malaise profond. À force de vouloir faire de la croissance sociale par un réchauffement permanent de la marmite smicarde, on oublie presque de la remplir avec de la croissance économique. Et c’est d’ailleurs la terrible faute des syndicats en Polynésie, celle d’avoir à la fois confondu social et politique, et d’avoir voulu s’engraisser sur une croissance économique anorexique, voir franchement boulimique.

Alors M. Ronald Terorotua, avant de vouloir rendre cauchemardesque le séjour de Y. Jégo, venez à la table de rencontre avec des propositions, et des projets construits pour les salariés de Polynésie française. S’en prendre au mandataire pour sanctionner le destinateur ne changera en rien le message porté. Acceptez cette terrible réalité : La Polynésie n’est plus la protégée de la République, et l’avenir n’est plus gratuit. Apprenons à guérir cette pensée du passé.


19 July 2008 | Noindep |  6 commentaires | Imprimer cet article Imprimer cet article

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